Michael: le biopic qui raconte la naissance de la légende, avril 2026
Une semaine après sa sortie (en Europe le 22 avril, aux Etats-Unis le 24 avril), le biopic dédié à Michael Jackson appelé sobrement Michael, réalisé par Antoine Fuqua, continue de déclencher des réactions. Entre un public majoritairement enthousiaste et des médias toujours aussi acerbes quand il s’agit du King of Pop, le film bat des records d’audience à travers le monde.
Ce projet, initié dès 2019, avec Jaafar Jackson, le neveu de Michael – excellent – dans le rôle de l’artiste, raconte l’ascension de Michael Jackson au statut de star mondiale, depuis ses débuts avec ses frères, les Jackson 5, au milieu des années 60, jusqu’à son Bad Tour, sa première tournée mondiale en solo, en 1988.
Des prestations iconiques, la création de ses albums solos que l’on ne présente plus avec ses short films révolutionnaires, des scènes de liesse comme en ont connu peu d’artiste et des performances scéniques fortes rythment un film où Michael Jackson, l’homme, apparaît comme on l’a peu vu : candide, simple, avec pour seuls amis ses animaux. Mais surtout, un homme et un artiste sous l’emprise d’un père tyrannique qui depuis l’enfance l’humilie et voit en lui une machine à dollars.
Car elle est bien là la trame de ce film, cette relation entre Michael et Joe qui va façonner le chanteur et faire de lui la star planétaire qu’il est devenu.



Car sans Joe et, il faut bien le concéder, sans son obsession à réussir, pas de Michael, pas de Michael Jackson. Sa manière de faire ne correspond pas vraiment aux codes d’un père de famille, ce sont ses propres codes, inhérents à sa condition sociale, à son éducation, à son statut d’homme noir qui veut sortir sa famille de la misère où elle vit et qui doit affronter des dirigeants blancs pour gagner sa place.
Exit donc certains évènements – certes importants – de la carrière de Michael : la période The Jacksons, The Wiz, We Are The World, Captain Eo. On pose les bases avec les débuts à Gary dans l’Indiana et avec la Motown– avec l’acteur qui joue le jeune Michael, très bon – mais on file ensuite à la fin des années 70, avec les débuts en solo avec Quincy Jones, avant de s’attarder sur la période 1980 – 1984 qui sera celle de moments très difficiles entre le père, qui veut garder le groupe uni, et le fils qui aspire à sa propre carrière et à montrer son talent au monde.


C’est finalement une scène de regards entre Michael et Joe (tandis que Katherine, elle, jubile en coulisses à l’annonce de son fils), que je trouve personnellement extraordinaire, à la fin du Victory Tour, qui mettra fin à des années de frustration du chanteur pour le faire devenir un artiste solo hors pair. Le film s’achève sur la scène de Wembley pour le Bad Tour –là même ou Bohemian Rhapsody, le biopic sur Queen, également produit par Graham King, s’était terminé – avec une prestation sur le titre Bad qui donne presque l’impression d’être à un concert. Un enchaînement que beaucoup de fans ont vu comme une ellipse importante dans la carrière du chanteur (il se passe plus de trois ans entre la fin du Victory Tour et le passage du Bad Tour en Angleterre) mais qui fait sens si on s’en tient à ce fil rouge. Libéré de l’emprise de son père, Michael Jackson peut enfin réaliser la tournée en solo qu’il souhaitait faire tout au long du biopic.
Ce film sème aussi de nombreux thèmes qui devraient être abordés dans une suite déjà prévue : le vitiligo, la chirurgie esthétique, les moments auprès des enfants malades, les « beni oui-oui », comme les a appelés Joe, l’entourage de Michael qui ne s’opposera jamais à lui, la domination de Michael Jackson sur l’industrie musicale, et surtout les douleurs et la prise de médicaments de plus en plus régulière suite à l’accident Pepsi.



Si on peut reprocher au personnage de John Branca d’apparaître un peu trop souvent au cours de ces deux heures de film – il n’était après tout que son avocat mais s’attribue plus dans ce film un rôle de manager/bienfaiteur – il est un autre personnage dont le public découvre l’importance dans la vie de Michael : Bill Bray. Un homme discret qui a toujours été là, dans l’ombre de l’artiste, un garde du corps mais surtout un confident, une figure paternelle, qui a suivi Michael jusqu’au milieu des années 90.
Ce biopic a été une très belle surprise. Et pourtant je faisais partie de ces fans très réticents et j’ai eu de nombreux doutes sur la manière dont il serait abordé. Mais, comme beaucoup, j’ai été conquise.
La première fois que je l’ai vu, au Grand Rex de Paris, lors d’une soirée qui rappelait les grandes heures de la « Michael mania », il a fait remonter en moi énormément d’émotions et de nostalgie. J’ai ri, j’ai pleuré. J’ai été bouleversé en voyant Jaafar Jackson, bluffant dans le rôle de Michael, réussissant à incarner à la fois l’artiste, avec ses chorégraphies reprises impeccablement, et l’homme fragile, timide et seul. J’ai détesté Joe, cupide, mais j’ai adoré Colman Domingo, l’acteur qui l’interprète. J’ai été émue par Nia Long qui interprète Katherine, la mère aimante, soutien sans faille de Michael, un personnage discret mais fort. J’ai été impressionnée par Juliano Krue Valdi, saisissant dans le rôle du jeune Michael, une bouffée d’énergie.
Les critiques ont vu en ce film un biopic trop « lisse » (difficile pour ces adeptes du buzz et du « putaclic » d’envisager un projet où ne parlerait que de l’œuvre de Michael Jackson), « contrôlé par la famille Jackson », j’y ai vu une véritable célébration, un retour dans les années 80 avec des moments qui m’ont fait vibrer, des prestations qui ont fait de moi la fan que je suis devenue.
Ce film réussit à toucher tous les âges, les salles de cinéma sont remplies d’enfants, d’adolescents, de jeunes qui découvrent le King of Pop. Et ceux-là ne cherchent pas à savoir si les accusations vont être abordées – certains ne sont peut-être même pas au courant des affaires – ils veulent simplement vivre la musique de Michael Jackson qui , dix-sept ans après sa disparition, fait toujours autant vibrer et a encore cette capacité à réunir les générations. Et en ces temps où l’actualité n’est pas toujours rose, que cela fait du bien de se rappeler du message de Michael : « I believe music could change the world.»
Le biopic n’est pas parfait – le biopic parfait existe-t-il? – de nombreux détails, personnages manquants et anachronisme pourraient être listés, et il mériterait d’aller plus en profondeur dans certaines scènes, mais grâce à la magie et aux émotions du cinéma, il permet de faire revivre cet artiste talentueux et exceptionnel qu’était Michael Jackson, qui a marqué et marquera encore des générations et qui restera à jamais le King of Pop, notre King.
« Spread Love, Joy and Peace. That is what I want the world to feel… Magic ».
Et vous, qu’en avez-vous pensé?
Le casting
Jaafar Jackson – Michael Jackson adulte










Juliano Krue Valdi – Michael Jackson enfant







Colman Domingo – Joe Jackson




Nia Long – Katherine Jackson




KeiLyn Durrel Jones – Bill Bray



Nathaniel Logan McIntyre et Joseph David-Jones – Jackie Jackson (jeune et adulte), Judah Edwards et Rhyan Hill – Tito Jackson (jeune et adulte), Jayden Harville et Jamal R. Henderson – Jermaine Jackson (jeune et adulte), Jaylen Lyndon Hunter et Tre Horton – Marlon Jackson (enfant et adulte)



Jessica Sula – La Toya Jackson


Larenz Tate – Berry Gordy



Laura Harrier – Suzanne de Passe




Kendrick Sampson – Quincy Jones



Miles Teller – John Branca



Mike Myers – Walter Yetnikoff


Les moments du film (et mon humble avis)
Les débuts des Jackson 5 à Gary, Indiana, puis avec la Motown: Des scènes dures avec le petit Michael qui subit les colères de Joe mais aussi un moment incroyable lorsque la jeune star interprète Who’s Loving You devant un Berry Gordy médusé et charmé. « You sing this song better than Smokey himself! »





L’enregistrement de l’album Off The Wall: la rencontre avec Quincy Jones sur le tournage du film The Wiz aurait mérité sa place dans ce biopic car ce moment est vraiment la première fois que Michael s’émancipe de sa famille pour partir vivre à New York. Off The Wall marque le début de la carrière solo du chanteur et le partenariat avec non seulement Quincy Jones mais aussi Bruce Swedien qui apparaît brièvement dans le studio.







Michael dans sa maison d’Encino: J’ai adoré les scènes à Hayvenhurst. Pourtant Michael y est montré seul, au milieu de ses animaux, il n’a plus les mêmes (pré)occupations que ses frères. La séquence de l’arrivée de Bubbles, même si c’est une scène très mignonne (la réaction de sa famille est à mourir de rire!) n’était, je pense, pas indispensable.










L’enregistrement de l’album Thriller: On ne voit pas assez de séquences de Michael en studio. Il y aurait tellement à dire sur son génie créatif. Et on parle quand même de l’album le plus vendu de tous les temps!










L’enregistrement du short film Beat It. L’une des premières scènes fortes du film, à mon avis. Jaafar est bluffant de ressemblance avec Michael.






Le short film Thriller. Reproduit à l’identique du véritable short film, sur les lieux où il avait été filmé en 1983, je trouve pourtant que le maquillage de Jaafar est le moins réussi du film. Cela reste toutefois un grand moment. Ola Ray est interprétée par Asia Rochon Fuqua, la fille du réalisateur du film, Antoine Fuqua.













Billie Jean au Motown 25: la scène que j’ai adorée, car c’est elle qui m’a fait devenir fan il y a 43 ans (pfff!). La voir reproduite quasiment à la perfection par Jaafar, sur la même scène où s’est déroulée la cérémonie du Motown 25 au Pasadena Civic Auditorium, quel moment incroyable et que d’émotions!







L’accident Pepsi: un des moments les plus durs du film, surtout quand on sait que les douleurs ressenties par Michael suite à cet accident le feront souffrir à vie.






Le Victory Tour: Une belle interprétation de Human Nature par Jaafar jackson et une scène finale jubilante, qui marque la fin des Jacksons, devant le visage décomposé de Joe Jackson.







Le Bad Tour: l’explosion finale. Jaafar Jackson, une fois de plus, reproduit la prestation de son oncle de manière incroyable.






La bande-son du film
Si la bande-son du biopic, vendue officiellement en CD, cassette audio et vinyle, ne liste que treize titres, c’est plus d’une trentaine de chansons (pas entières) des Jackson 5/The Jacksons et Michael Jackson que l’on peut entendre tout au long des 2h07 du film.



Dans le film
1-Wanna Be Startin’ Somethin‘ (Live At Wembley 1988)
2-Big Boy (Steeltown Version)
3-You’ve Changed
4-Stand!
5-I Heard Through The Grapevine (Gladys Night & the Pips)
6-Never Can Say Goodbye (Live At The Forum 1972)
7-I Want You Back (Studio Sessions Remix)
8-Who’s Lovin’ You
9-I Want You Back
10-ABC
11-I’ll Be There
12-Oh How Happy
13- I Can’t Help It (Instrumental)
14-Don’t Stop ‘Til You Get Enough
15-Rockin’ Robin
16-Childhood (chantonné)
17-We’ve Got A Good Thing Going
18-Dreamer
19-Doggin’ Around
20-Ben (Live In Triumph Tour 1981)
21-Enjoy Yourself
22-Blame It On The Boogie
23-The Love You Save
24-Think Happy
25-Beat It
26-Thriller (Orchestral Intro)/Thriller
27- Billie Jean
28-Smile (chantonné)
29- Billie Jean (Pepsi Commercial)
30- Human Nature (Live At Wembley 1988)
31-Workin’ Day And Night (Live In Triumph Tour 1981)
32- Bad (Live At Wembley 1988)
Dans les crédits
33- I Want You Back / ABC (Live In Triumph Tour 1981)
34- I’ll Be There (Live In Triumph Tour 1981)
35- This Place Hotel (Live In Triumph Tour 1981)
36- Don’t Stop ‘Til You Get Enough
Et la suite?
Face au succès incroyable du film dès sa première journée de diffusion – et même bien avant selon la dernière image du film « His Story continues » – une suite est en préparation pour au moins un deuxième film.
De nombreuses scènes ont déjà été tournées, Antoine Fuqua, le réalisateur, disait récemment dans une interview que l’histoire avait été filmée jusqu’à l’année 1995, avant que le script ne soit modifié suite à des clauses juridiques qui ne permettaient pas d’aborder la première affaire des accusations.
Et effectivement des photos du tournage à Neverland sont apparues sur les réseaux sociaux, tout comme celles des scènes coupées : au Studio 54, Michael avec Katherine œuvrant pour les témoins de Jehovah, l’enregistrement de Another Part of Me pour le Bad Tour ou encore Man In The Mirror pendant le Dangerous Tour.















Cette suite n’a pas encore de date de sortie officielle, d’autant plus qu’un nouveau tournage est probablement prévu d’ici fin 2026/début 2027.
Jeu concours
J’ai eu la chance de remporter un des prix lors du quiz qui était organisé au Grand Rex le 21 avril. Je le remet en jeu et je vous offre la possibilité de gagner un lot comprenant une gourde du film Michael, un Tshirt du Youtubeur Greg Popculture et un tote bag du Grand rex.



Pour cela, vous avez jusqu’au mardi 5 mai, 23h59, pour répondre à la question ci-dessous via le formulaire de contact (en haut à gauche du site ou en bas du menu déroulant sur un smartphone). Le gagnant sera annoncé dans la journée du 6 mai. Bonne chance!
Voici 4 photos de Behind the Scenes du biopic, remettez-les dans l’ordre d’apparition dans le film ( et envoyez la combinaison de lettres en réponse).



