Les concerts oubliés des Jackson 5 à Whiting, Indiana, en 1969
L’année 1968 marque un véritable tournant dans la carrière des Jackson 5. En juillet, après un concert au Regal Theater de Chicago, Bobby Taylor les emmène à Detroit où ils passent une audition pour le célèbre label Motown qui leur fait signer un contrat (à lire ici).
Passer l’euphorie de ce moment, la famille Jackson doit cependant se rendre à l’évidence, Motown n’est pas vraiment pressée de lancer les cinq frères. Katherine Jackson raconte : « Je n’avais qu’un désir, c’était d’avoir assez d’argent de chez Motown pour quitter Gary Immédiatement. En réalité, Motown ne nous a pas donné d’argent en avance. Et ils nous ont fait attendre pendant plus d’un an pour faire faire un disque aux garçons (…) Pendant ce temps-là, Joe et les garçons continuaient à donner des concerts. » (1)
Parmi les concerts qu’ils donnent, celui de Kankakee, petite ville d’Illinois, à environ une heure au sud de leur ville natale, Gary, en mars 1969 (à lire ici).
Et récemment, le témoignage de Frank Brummett, à l’époque jeune promoteur de concerts, permet de découvrir que les Jackson 5 ont donné à plusieurs reprises des concerts dans une salle de l’école catholique Saint John The Baptist à Whiting, dans l’Indiana.



Whiting est une ville typique américaine sur la rive sud du lac Michigan, située à mi- chemin entre Chicago et Gary. Frank Brummett avait 17 ans en mars 1969 et vivait dans le quartier de Robertsdale à Whiting. Quelques mois plus tôt, avec l’aide de ses parents, il avait organisé une grande fête pour son anniversaire, en collaboration avec quelques commerçants de la ville qui avaient accepté de l’aider dans la vente de tickets ou pour l’approvisionnement de boissons et même avec Dick Biondi, animateur très connu de la station de radio WCFL de Chicago qui s’était proposé pour être le DJ de la soirée.
Frank Brummett raconte : « Au début de l’année 1969, le souvenir de cette grande soirée éveilla en moi une envie irrésistible. J’en voulais plus. Peu après, j’ai rencontré John Gazda, le gérant de la Panel Room (salle des fêtes) de l’école catholique St. John The Baptist à Whiting. Le courant est tout de suite passé entre nous. Toutes les dates que je lui ai demandées étaient disponibles J’ai obtenu quinze représentations à partir du dimanche 16 février, en alternance les vendredis et les dimanches. Au départ, l’entrée était fixée à un prix modique de deux dollars, et les événements étaient conçus pour les adolescents de 13 à 18 ans.
Comme pour mon concert d’anniversaire, j’ai imprimé des affiches pour le premier concert et tous les suivants. Mildred et Arvel Furr étaient les propriétaires de Tribune Showprint à Earl Park, dans l’Indiana, une entreprise locale bien établie, spécialisée dans les affiches de concerts pour les groupes à travers le pays. Ils s’assuraient personnellement que tous les quinze jours, le lundi, je recevais chez moi les cent affiches de 35,5 x 56 cm, tout juste sorties de l’imprimerie. Mon cousin Gary et moi les agrafions aux poteaux téléphoniques du comté de Lake et des comtés voisins.
Le lycée George Rogers Clark de Hammond (quartier de Whiting), allait bientôt me voir pour la dernière fois. Mon professeur d’histoire-géographie, Mr Tom Roman, était le manager d’un groupe local appelé The Hartford Convention. Il m’a proposé un arrangement : lui, moi et les membres du groupe partagerions les gains du concert. N’ayant pas de groupe pour mon concert du 16 février, j’ai accepté. À la fin de la soirée, nous avons partagé la maigre recette : un peu plus de 3 dollars chacun. Mr Roman était furieux. Son groupe était excellent, je n’avais tout simplement pas été à la hauteur. Cela a été la première et la dernière fois que le Hartford Convention s’est produit pour un de mes spectacles.
Grâce à Dick Biondi de WCFL et Larry Lujack de WLS, j’ai été présenté à une agence artistique à Indianapolis. Sans perdre une seconde, j’ai signé treize contrats, le premier étant prévu le 28 février avec un groupe formidable d’Indianapolis, Four Days and a Night. Mais, peu après, j’ai reçu une nouvelle décourageante de la part d’une des secrétaires de l’agent : tous les contrats que j’avais signés étaient nuls car je n’avais pas encore 21 ans. Cela a entraîné l’annulation de tous les concerts que j’avais prévus pour cet été-là ! »
Frank Brummett ne se laisse pas abattre pour autant. Un ami lui parle d’une salle des anciens combattants, le VFW Hall à East Chicago, qui propose des spectacles d’artistes prometteurs tous les vendredi soirs. Il y rencontre les Jackson 5 qui s’y produisent ce soir-là. « Le 21 février, je m’y suis donc rendu, espérant découvrir de jeunes talents pour ma programmation. Là, j’ai vu les Jackson 5 à leurs débuts, électrisant la foule avec une interprétation de ‘It’s Your Thing’, le titre des Isley Brothers sorti quelques semaines plus tôt.
Pendant une pause, je me suis approché des jeunes chanteurs et je leur ai demandé s’ils avaient un manager. Ils m’ont conduit à une table où était assis leur père, Joe Jackson, âgé de 40 ans. N’ayant jamais entendu parler d’eux auparavant, je lui ai confié mes difficultés à trouver une salle de concert et des groupes, les larmes aux yeux. Alors que je terminais mon récit, Joe m’a parlé de ses propres difficultés : travailler chez US Steel, élever six garçons et trois filles, et maintenir l’intérêt de ses fils pour la musique tout en leur permettant de profiter un peu de leur enfance. Il jurait que rien n’aurait été possible sans sa femme, Katherine, il disait qu’elle était le ciment de leur famille. Il a aussi évoqué leur année 1968 et l’enregistrement de ‘Big Boy’ qu’ils avaient réalisé environ un an auparavant avec Steeltown Records, un studio d’enregistrement de Gary, dans l’Indiana, avec le producteur Gordon Keith. Après avoir passé un peu de temps avec Joe ce soir-là, mes problèmes me paraissaient bien moins graves. J’avais l’impression d’avoir un nouvel ami, quelqu’un à qui je pouvais me confier en toute sincérité. Une fois calmé, il a souri, a posé une main rassurante sur mon épaule et m’a dit : ‘On va s’en sortir ensemble !’ »
Le lundi 24 février, mon cousin Les et moi sommes partis pour Indianapolis. A 22 ans, Les venait de quitter la Marine. Intelligent et débrouillard, il connaissait bien le milieu musical et savait convaincre n’importe qui ! À Indianapolis, nous nous sommes présentés comme des agents artistiques et nous avons créé notre société Cobra Productions. […]
Les Jackson 5 se produisent donc à la Saint John Panel Room le vendredi 28 février, le premier groupe à performer avec la société de production de Frank Brummett. « Joe ne put assurer qu’un concert tardif à cause de son poste à l’aciérie. Dick Biondi proposa d’animer le début de la soirée. Nous avons réuni une vingtaine ou une trentaine de personnes ce soir-là. Au moment de régler les comptes, je me suis retrouvé sans argent pour payer le groupe. Joe, toujours aussi encourageant, m’a dit de ne pas m’inquiéter ; il m’assura que ‘ça allait s’arranger’ ».
Le site wrhistoricalsocienty.com raconte, qu’il y a quelques années, lorsque l’affiche de ce concert du 28 février a été postée sur un groupe Facebook de la ville de Whiting, une femme, Susie, présente ce soir-là a expliqué un moment embarrassant qu’elle avait causé lors du show: elle avait accidentellement heurté le matériel du groupe et la musique s’est littéralement arrêtée pendant un instant.



« Le deuxième concert des Jackson 5 eut lieu le dimanche 9 mars », poursuit Frank Bummett. Ironie du sort, Ronny Rancifer, le claviériste du groupe, avait oublié sa pédale. Sans hésiter, je suis reparti chez moi pour récupérer la mienne, Ronny et moi jouions tous les deux sur un Farfisa. À mon retour, la Panel Room était pleine à craquer. Une file d’adolescents serpentait dans la rue, et la police a même été obligée de demander des renforts. Je tenais la billetterie et je devais en même temps appuyer sur une pédale pour ouvrir le tourniquet et laisser passer la foule impatiente. La file d’attente était interminable et, avec ce chaos, j’ai laissé tomber le tiroir-caisse, préférant jeter les billets sur le sol de cet espace exigu. Quand la dernière personne fût enfin passée, j’avais des billets jusqu’aux genoux. »
A partir de ce moment, les concerts à la Panel Room de l’école catholique St John The Baptist se jouèrent à guichets fermés. Les Jackson 5 se produisent à nouveau le 28 mars puis le 6 avril 1969 et interprètent notamment le titre ‘Big Boy’ qu’ils avaient enregistré avec Steeltown (à lire ici). « L’affiche [du 28 mars] présentait une photo inédite, je l’avais prise avec mon Polaroid, un cadeau de ma mère. Leur chanson ‘Big Boy’, apparaissait dessus, » se souvient Frank Brummett


Le 18 avril 1969, la programmation prévoit une « Battle of the Bands », entre les Jackson 5 et le groupe The Enchanters.
The Enchanters, parfois présentés comme The Enchanting Enchanters, étaient un groupe d’East Chicago, dans l’Indiana, formé en 1967. Le groupe a enregistré deux singles soul durant sa brève carrière. Leur premier 45 tours, No One In This World / Boss Action est paru sur le label BenMoKeith, qui appartenait à Gordon Keith, propriétaire également de Steeltown Records, à Gary, dans l’Indiana (là où les Jackson 5 avait enregistré Big Boy). Leur second 45 tours, The Struggler / Winds and Sea, est sorti sur le label Atco, avec la participation de Steeltown et de Dunwich Records.
« Les Enchanters remportèrent la victoire ce soir-là », raconte Brummett, « mais l’excitation ne fit que croître par la suite. Le 27 avril marqua notre dernier concert à Whiting, car Monseigneur de l’église catholique St. John the Baptist [dont l’école catholique dépendait] décida d’expulser Cobra Productions et les Jackson 5 de la ville en raison de ses convictions ‘préjudiciables’ »


A la recherche d’une nouvelle salle, les Jackson 5 inaugurent la toute nouvelle salle du Knights of Columbus Hall d’East Chicago, avec The Enchanters, le vendredi 9 mai 1969. Le changement de salle n’a apparemment pas dissuadé le public de venir car « au fil du mois de mai, l’excitation n’a cessé de croître. Le 18 mai, nous avons eu le plaisir d’accueillir les Jackson 5, Baby Huey and the Babysitters [un groupe de Gary, fondé en 1963, qui avait sorti quatre singles entre 1964 et 1966] et Dick Biondi. Le 30 mai, nous avons eu à nouveau les Jackson 5, accompagnés de Dick Biondi et d’un spectacle de lumières époustouflant présenté par The ‘Claw’. Ce garçon avait perdu ses deux mains, remplacées par des griffes. Sa maîtrise des lumières était impressionnante ! Nous avons également présenté un nouveau groupe lors d’un événement, Soul Happening: Jr. Walker and the Allstars. Ils ont interprété des tubes comme ‘What Does it Take (To Win Your Love)’ et ‘Shotgun’ ». [le groupe avait signé avec Motown en 1964 et rencontrait un joli succès].



Au fil des semaines, Frank Brummett sympathise avec les Jackson 5 et leur rend visite dans leur maison de Gary, au 2300 Jackson Street. Il se souvient d’un moment qui l’a particulièrement marqué, juste avant le concert du 8 juin 1969 : « Le destin a voulu que leur talent soit connu au-delà de notre petite communauté. Entre les deux derniers concerts, les Jackson 5 ont reçu un appel alors que j’étais chez eux. C’était Berry Gordy, président de Motown Records, et sa secrétaire, qui les invitaient à jouer lors d’une fête dans le jardin de Gordy. La secrétaire de Gordy a commencé la conversation en demandant à parler à Joe Jackson. Une des filles a passé le téléphone à son père, la secrétaire expliquant à Joe qu’elle appelait de la part de Berry Gordy, qui attendait de lui parler.
Joe, croyant à une plaisanterie, a ri de la remarque de la secrétaire de Gordy, mais lorsque celui-ci a pris le téléphone, il comprit que c’était sérieux. Ils étaient invités à jouer à la fête organisée par Berry Gordy dans son jardin, un grand honneur pour un « petit » groupe comme les Jackson 5. Leur public serait composé de légendes de la Motown, dont Diana Ross et d’autres musiciens influents. »
Si Frank Brummett a assisté à un coup de téléphone de Berry Gordy à Joe Jackson ce jour-là chez la famille Jackson, il ne s’agit pas de l’évènement où Gordy présente le groupe aux artistes de la Motown, qui a eu lieu en décembre 1968. Il pourrait s’agir du coup de téléphone où Gordy demande aux Jackson 5 de venir en Californie pour être présentés au monde du show business au Daisy Club de Beverly Hills (à lire ici).
Le 8 juin 1969 marque donc le dernier concert des Jackson 5 avec la société Cobra Production de Frank Brummett. «Nous avons baptisé notre concert du 8 juin le ‘Farewell Show’ (Concert d’adieu), il marquait notre dernière représentation avec les Jackson 5. Joe prit Tito, Jack Richardson (leur tour manager), le batteur Johnny Jackson et le claviériste Ronny Rancifer et se rendit à Los Angeles, le nouveau siège de la Motown, laissant Jackie, Jermaine, Marlon et Michael prendre un vol quelques jours plus tard. Katherine, LaToya, Janet et Randy ne rejoignirent le reste de la famille en Californie qu’en novembre 1969, s’y installant définitivement et confiant leur maison de Gary à un proche. Du jour au lendemain, les Jackson quittèrent leurs modestes débuts, leur petite maison d’enfance à Gary, pour poursuivre leurs rêves. Leur parcours les mena à des sommets inégalés dans l’industrie musicale, avec des tubes comme ‘I Want You Back’ et une influence déterminante sur la culture pop.»
Le départ des Jackson 5 ne signe pas la fin des concerts pour Cobra Productions qui avait plusieurs concerts programmés jusqu’à la fin de l’été 69. Deux autres affiches avec le nom des frères Jackson existent : l’une avec des performances tous les vendredis soirs – et où le groupe se retrouve à l’affiche aux côtés de Stevie Wonder – probablement l’une des rares fois- et l’autre avec une performance indiquée pour le 5 septembre 1969. « Les Jackson 5 figuraient sur les dernières affiches, mais ils avaient rejoint Motown après le 8 juin, et le matériel promotionnel avait déjà été imprimé », explique F. Brummett.



« Pour le 29 juin, j’avais réuni une programmation impressionnante. Les Isley Brothers devaient interpréter leurs classiques tels que ‘Shout’, ‘Twist and Shout’, ‘This Old Heart of Mine’ et ‘It’s Your Thing’, aux côtés des Enchanters, de Dick Biondi et de The Claw.
Pour les concerts de cet été 1969, Frank Brummett avait pour ambition une série de huit shows hebdomadaires, débutant le 11 juillet 1969, avec un grand final le 5 septembre au Hammond Civic Center et réunissant quelques grands des artistes de renom. « J’imaginais un grand final avec des artistes comme Jessie and the Earls, Sam & Dave, Wilson Pickett, les Enchanters, Stevie Wonder, Jr. Walker and the Allstars. »
Mais peu avant le concert du 29 juin, Brummett rencontre William « Bill » Passmore, une figure familière et respectée d’East Chicago qui va pourtant semer le doute dans son esprit. Défenseur des personnes handicapées, il était connu pour sa résilience après une blessure au lycée qui avait entraîné l’amputation de ses deux jambes. Quelques semaines plus tôt, en mai 1969, il avait été nommé « Américain handicapé de l’année » par le président Nixon. Passmore écrivait également pour le journal Chicago Defender, où il tenait la populaire chronique East Chicago on the Go. « Mr Passmore avait suivi mes préparatifs au Knights of Columbus Hall d’East Chicago lors des concerts précédents. Avant le concert du 29 juin, il m’a abordé avec une inquiétude non dissimulée, bien que ce soit notre première rencontre. Il a salué les progrès que j’avais accomplis mais m’a averti que je m’engageais peut-être dans une tâche trop lourde avec les concerts à venir. Il était ‘préoccupé’ par les risques financiers que je courais, soulignant qu’il serait dommage pour un jeune homme comme moi de tout perdre et de me retrouver potentiellement empêtré dans des démêlés avec les équipes juridiques des groupes. Pour la première fois depuis mon anniversaire, j’ai vraiment eu peur. Après notre discussion, j’ai demandé nerveusement combien il me paierait pour prendre en charge mes dix derniers concerts. M. Passmore répondit que le risque qu’il prenait valait bien plus que toute compensation financière qu’il pouvait offrir. Et il ajouta : ‘C’est ta chance de te sauver d’un naufrage.’ Me sentant obligé de « sauver la face », j’ai choisis de me retirer et de renoncer à l’organisation des derniers concerts. Un profond malaise m’envahit à l’idée de ne pas pouvoir assister à ce pour quoi j’avais tant travaillé. J’ignore toujours comment se sont déroulés ces derniers concerts sous la direction de Mr Passmore. Des amis qui y ont assisté m’ont raconté plus tard que le parking du Civic Center était bondé de fans enthousiastes.»
Quelques mois plus tard, Frank Brummett s’est engagé dans l’armée de l’air américaine où il servit pendant six ans. Mais sa passion pour l’organisation d’évènements ne l’a jamais réellement quitté. Et lorsqu’il repense à ces quelques mois intenses de l’année 1969, il réalise que le passage des Jackson 5 à Whiting, et dans sa vie, a eu plus d’impact qu’il ne le pensait : « En repensant à cette époque, j’ai compris que la magie de la musique avait transformé non seulement leurs vies, mais aussi la mienne. »


Frank Brummett avec deux de ses affiches (à gauche) (2) et au guichet de la billetterie de la salle des fêtes de l’école catholique début mars 2026. Cinquante-sept plus tard, il affirme que «la panel room est exactement la même qu’à l’époque. »
Ces concerts des Jackson 5 à Whiting, Indiana, ne sont mentionnés dans aucune biographie des Jackson 5 et l’histoire de Frank Brummett, qu’il m’a autorisée à publier ici, vient combler un vide dans l’Histoire des frères Jackson avant l’incroyable carrière qu’ils auront chez Motown. Peut être qu’un jour nous aurons aussi des photos de ces concerts « en résidence » à Whiting.
Plusieurs des affiches de Frank Brummett sont désormais exposées au Indiana Music History Project Museum d’Indianapolis (entrée gratuite), parmi d’autres objet de collections liés à la carrière des Jackson 5.




Sources : (1) Jackson & Jackson, Histoire d’un rêve, Katherine Jackson/(2) wrhistoricalsociety.com/ Un grand merci à Fred du site jacksondynasty.net d’avoir partagé avec moi l’histoire de Frank Brummett.



One Comment
Sara Clauser
Che famiglia incredibile, grazie Rachel per aver raccontato in modo impeccabile questa storia sconosciuta!